Nous sommes tous différents, mais avec le bon traitement, l’aggravation de l’état du genou peut être freinée, la douleur atténuée et la mobilité améliorée. En fonction du stade de l’arthrose, plusieurs solutions sont possibles.

Quelles solutions existent ?

La gonarthrose ne se soigne pas, mais il existe toutefois des solutions pour soulager la douleur afin que vous puissiez continuer à pratiquer vos activités quotidiennes. Il faut évidemment trouver une solution adaptée à votre mode de vie. Il est donc essentiel de consulter un spécialiste, afin de choisir ensemble la solution idéale pour vous. 

Pour se faire, il faut connaître votre mode de vie actuel et la gravité de l’arthrose. Afin de préparer la discussion, posez-vous les questions suivantes :

  • Quelles activités avez-vous dû arrêter et aimeriez-vous reprendre ?
  • Dans quelle mesure la douleur entrave-t-elle vos activités quotidiennes ?
  • Selon vous, quelles solutions sont les plus adaptées à votre situation ?

L’objectif est avant tout d’éviter l’aggravation des symptômes.

Les solutions

Les spécialistes préconisent plusieurs solutions pour soulager la gonarthrose. Nous les avons réparties en deux catégories : les solutions non opératoires et les solutions opératoires. Faites dérouler la catégorie qui vous intéresse.

Solutions non opératoires

Activité physique et perte de poids

Vous êtes peut-être en surpoids ? En perdant du poids, vous soulagerez la pression sur vos genoux, ce qui apaisera la douleur. Exercer une activité physique régulière est essentiel. Vous pouvez par exemple faire des exercices de kinésithérapie. Certains sports sont « doux » pour le genou, comme le vélo ou la natation. Évitez la randonnée ou la course à pied, plus agressifs pour les genoux. Le vélo est aussi excellent en cas de gonflement du genou.

Bouger améliore votre tonus et votre flexibilité, assouplit le genou et vous aide à perdre du poids. Tous ces bienfaits permettent de soulager la douleur.

Kinésithérapie

Lorsque l’arthrose endommage le cartilage, les os sont en contact, ce qui provoque une douleur. L’articulation est aussi moins mobile. Il est malgré tout essentiel de continuer à bouger le genou pour préserver la santé du cartilage. Des séances de kinésithérapie peuvent vous permettre d’apprendre des exercices qui préserveront la mobilité du genou. L’avantage, c’est que vous pouvez refaire ces exercices chez vous !

La musculation avec des charges lourdes est déconseillée, par contre, le renforcement de certains muscles, par exemple ceux de la cuisse, peut avoir des effets positifs.

Médicaments

Les médicaments sont souvent utilisés dès les premiers symptômes pour limiter la douleur. Le paracétamol est un antidouleur utile et sans effet secondaire, mais n’est pas toujours efficace pour tout le monde. Les anti-inflammatoires, comme l’ibuprofène ou le diclofenac (aussi appelés anti-inflammatoires non stéroïdiens) peuvent soulager l’inflammation du genou, et donc la douleur. Néanmoins, ils entraînent souvent des effets secondaires.

Injections

Les injections d’acide hyaluronique (naturellement présent dans les articulations) peuvent temporairement soulager la douleur. Elles permettent d’assouplir le genou. Il est également possible d’« anesthésier » le genou avec un antidouleur à effet anti-inflammatoire tel que la cortisone. L’efficacité peut varier selon les personnes, et les effets secondaires peuvent être gênants. Généralement, les effets d’une injection d’acide hyaluronique durent de 6 mois à un an. L’injection a considérablement diminué la douleur, mais les effets s’estompent ? Il est peut-être temps d’envisager une nouvelle injection. Renseignez-vous auprès de votre médecin.

“Unloading” (Soulagement) orthèse du genou

Il est essentiel que le genou reste mobile pour préserver le cartilage et freiner la raideur du genou. Toutefois, bouger n’est pas toujours facile si la douleur est trop forte !

Une orthèse peut être utilisée en complément des solutions mentionnées ci-dessus. Vous pouvez également utiliser l’orthèse pour éviter de prolonger la prise de médicaments, de multiplier les injections ou si vous n’avez pas (encore) envie de vous faire opérer. Si l’angle de la jambe est dévié, vers l’intérieur (en X) ou vers l’extérieur (en O), une orthèse de correction, par exemple de la gamme Unloader peut soulager la douleur et améliorer la mobilité. Cette orthèse évite que les os entrent en contact lorsque le genou est sollicité, et soulage la pression sur les articulations. Sans aucun effet secondaire !

Solutions opératoires

Arthroscopie

L’arthroscopie est une opération dite d’exploration. Elle consiste à insérer une petite caméra dans le genou pour mieux connaître la situation et identifier les solutions possibles. Pendant l’arthroscopie, il est possible d’effectuer un traitement par microfractures. Cette option est souvent utilisée chez les patients jeunes. Des petits trous sont percés dans l’os touché par l’arthrose. Ces petits trous libèrent de la moelle osseuse, qui stimulera la création de cartilage. La réussite de cette opération varie fortement en fonction du patient. La rééducation est longue (6 à 8 semaines avec des béquilles pour marcher sans surcharger le genou) et le résultat final ne peut être évalué qu’au bout d’un an. Les résultats peuvent varier en fonction de la taille de la microfacture du cartilage. Plus la fracture est petite, meilleur sera le résultat.

Ostéotomie

Lors d’une ostéotomie, le médecin corrige la position du genou, par exemple s’il a dévié vers l’intérieur ou vers l’extérieur. Cette opération réduit la pression sur le cartilage abîmé en la transférant sur des tissus sains. La récupération peut être longue, car la jambe ne peut être que faiblement sollicitée pendant au moins six semaines. En effet, la surface de l’os pourrait être endommagée si le genou est trop rapidement sollicité. Après cette période de convalescence, vous pouvez prudemment reprendre vos activités quotidiennes. La guérison de l’os peut toutefois durer jusqu’à un an.

Remplacement partiel du genou

Si l’arthrose touche seulement un côté du genou, le chirurgien orthopédiste peut envisager une opération qui permet de préserve le côté sain. Il s’agit du remplacement partiel (ou unicompartimental) du genou.

Les incisions nécessaires à cette intervention sont plus petites, la convalescence dure moins longtemps et vous perdrez moins de sang que lors du remplacement total du genou. Une anesthésie locale ou générale est malgré tout nécessaire. Les inconvénients d’un remplacement partiel du genou (par rapport à un remplacement total) sont que l’effet antidouleur est moins prévisible. Par conséquent, une nouvelle opération peut s’avérer nécessaire à l’avenir si les parties non remplacées du genou sont touchées par l’arthrose.

Après l’opération, des séances de kinésithérapie sont nécessaires, et vous aurez besoin d’aides à la marche (déambulateur, bâtons de marche, béquilles) les premiers jours, voire les premières semaines. Après environ 6 semaines, vous pourrez reprendre vos activités habituelles.

Remplacement total du genou

Si la douleur est insoutenable, que rien ne vous soulage et que les extrémités des os sont très abîmées, le remplacement total du genou peut s’avérer nécessaire. Le chirurgien orthopédiste vous donnera toutes les informations nécessaires, car il s’agit d’une intervention plutôt lourde, qui requiert une anesthésie générale. Pendant l’opération, la surface abîmée du genou est replacée par des éléments en métal et en plastique. Ces éléments permettront au genou de bouger normalement. Après l’opération, vous allez très certainement ressentir de fortes douleurs et aurez besoin d’une longue rééducation. Vous devrez peut-être utiliser des outils d’aide à la marche. Généralement, la convalescence après un remplacement total du genou dure de 3 à 6 mois.

La durée de vie moyenne d’une prothèse du genou est de 15 à 20 ans, donc votre âge est un facteur important dans le choix de cette intervention.